Ce n’est pas de ma faute… à la marocaine !

Je ne vais parler ni du « le train est parti sans moi » ni du « le sommeil m’a pris ce matin », mais de choses bien plus sérieuses que subit le marocain, sans que ce ne soit de sa faute.

Le marocain type a un niveau de culture générale limité aux informations de sources non identifiées qu’il a obtenues au café du coin (même s’il affirme le contraire et est persuadé de tout maîtriser à merveille). S’il est doté d’un minimum de bon sens, il s’inspirera également des cours et/ou conférences auxquels il aurait pu assister au cours de sa vie. Mais il ne fait que rarement l’effort de chercher et approfondir ses connaissances, et encore moins pour corriger celles qu’il a déjà. Il est fan de productions hollywoodiennes et bollywoodiennes, il s’abonne sur les réseaux sociaux à des communautés de blagues et de faits-divers, au meilleur des cas il sera conscient de sa pauvreté culturelle mais il la mettra sur le dos de l’école, des médias, de l’Etat… Bref, ce n’est pas de sa faute !

Le marocain type se dit prêt à faire ses preuves pour obtenir un diplôme ou décrocher un contrat de travail, mais il est persuadé qu’il doit avoir recours à des tours de passe-passe pour avancer, il veut choisir les dates des examens, les quotas, les postes à pourvoir, il voudrait décider de tout, usant de tous les moyens licites et illicites qui s’offrent à lui. En partant de là, il est entièrement opposé à l’idée d’être soumis à des examens qui lui sont inconnus. C’est comme si, au lieu de vendre ses capacités et inciter les autres à croire en lui, le marocain type faisait le choix de rester connecté sur Facebook à draguer les étudiantes plus jeunes et les jeunes diplômés, avec accessoirement des statuts de révolte, en attendant que ce soit le travail qui vienne à lui. Et si vous lui posez la question sur ses journées remplies de sommeil et ses nuits passées sur internet, il se caressera certainement sa petite barbe finement tracée et/ou ses cheveux défrisés en vous disant : ce n’est pas de ma faute !

Le marocain type est exigeant, alors le jour où il sera fatigué de payer des jus d’orange à des filles qui ne les finissent même pas, et de graisser la patte aux autorités qui le surprennent en flagrant délit, il commencera à parler de mariage autour de lui. Il expliquera alors avec un ton on ne peut plus sérieux, qu’il exige que la future maman de ses enfants – car la femme est liée à la progéniture et que l’une ne va pas sans l’autre dans sa tête – doit être belle, pieuse, fidèle, aimante, cultivée, bien éduquée, une excellente hôtesse et une très bonne cuisinière. Il se mettra alors à prêcher les bienfaits qu’aura cette dulcinée sur sa vie et celle de sa famille, disant qu’avec une femme pareille, il n’aura (plus) aucune excuse d’aller voir ailleurs. Vous vous doutez bien qu’il aura alors pris toutes les précautions lui permettant de justifier tout dérapage aussi grave puisse-t-il être, tel un vendeur qui vous ferait signer les conditions générales de vente que vous n’auriez jamais lues, mais qui pourront se retourner contre vous. Et à ce moment-là, toute la société dira que ce n’est pas de sa faute !