Houssam HATIM

Demain serait meilleur ! – Houssam HATIM

Bien que nous discutions à chaque fois la jeunesse, il est systémique d’en déduire qu’elle est à la croisée des chemins dans une grande mesure. Et ce, pour la perte des repères, le renversement des valeurs qui s’opère dans notre société, le rythme vertigineux de cette décadence et le nombre de problèmes sous-jacents qui exigent une attention structurée et durable. Et puisque les causes de violence chez les jeunes ne sont pas entièrement comprises, décrites ou combattues.

C’est pour cette raison que j’écris cet article, pour interroger cette jeunesse d’aujourd’hui – dont je fais partie – désorientée et désemparée, cherchant une voie. Cette jeunesse qui, pour être, a compris qu’il faut plus que paraître, risquer de comparaître. Cette jeunesse violente, pas forcément toujours justifiée, recourant à des conduites, tantôt individuelles, tantôt collectives, rencontrées essentiellement dans les grands centres urbains, engageant des adolescents et des jeunes adultes et se manifestant sous de nombreuses facettes. Cette jeunesse que l’on ridiculise dans ses élans, que l’on méprise, que l’on n’écoute jamais. Cette jeunesse que l’on se contente d’entendre, d’admirer ou, peut-être, à qui l’on envie son enthousiasme – et la question qui vaille est de savoir qui, à la fin des fins, donnera à cette jeunesse la possibilité de participer, d’apprendre et de s’épanouir. Cette jeunesse que l’on accuse de tous les maux qui rognent notre société. Cette jeunesse, exclue de la prise de décision, animée par le désir d’aimer et être aimé, prend un essor inquiétant et mérite une sérieuse réflexion avec un abord multidisciplinaire et multiaxial. Mais surtout, cette jeunesse qui m’anime, me propulse et constitue mon credo.

Nous sommes d’ores et déjà à risque d’aliénation sociale. Nous éprouvons davantage ce sentiment si nous n’avons pas d’occasions de se faire entendre sur les questions qui nous touchent directement et dans l’immédiat et, par conséquent, de ressentir une perception de soi négative, plus de méfiance envers les autorités, ainsi qu’un sentiment d’impuissance et d’exclusion de la collectivité en général. Avec la chute des nouvelles générations, ce sont nos droits sociaux qui sont remis en cause : notre développement humain aujourd’hui, notre capacité à élever nos enfants demain, nos retraites après-demain. Il s’agit donc d’une régression du système social dans son entier, et pas simplement celui d’individus. Par-dessus tout, une frustration générale envahi les esprits devant l’accumulation des promesses non tenues, au point d’avoir parfois le sentiment que le monde ne tourne pas rond.

Nous ne pouvons échapper à la réalité du Maroc dans lequel nous vivons. Mais nous pouvons nous battre pour le Maroc que nous souhaitons. Aujourd’hui, nous devons s’unir, faire preuve de solidarité et veiller à ce que personne ne soit oublié. Aujourd’hui, nous devons être généreux, ouverts, collectifs, responsables mais aussi courageux, audacieux et exigeants. Aujourd’hui, nous devons retrouver cette aptitude à s’enthousiasmer, à s’émerveiller et à s’engager pour des causes supérieures. Aujourd’hui, nous devons conquérir ce monde, certes, chamboulé, mais devenu un village ouvrant paradoxalement, à chaque jeune, voire à tout responsable qui sommeille en nous, bien plus d’opportunités pour entreprendre un voyage exaltant et aller au bout de lui-même. Aujourd’hui, nous avons toutes les ressources pour prendre des initiatives et réinventer le monde, le nôtre. Aujourd’hui, nous avons de l’influence, utilisons-là ; nous voulons que notre monde change, contribuons-y, faisons en sorte de le changer. Aujourd’hui, nous devons l’affirmer : Nous sommes les mieux placés pour savoir ce dont nous avons besoin.

« Demain serait meilleur ! » Je souscrivis sur mon journal intime que je tenais depuis mes années du collège, « Carpe Diem » fut ma philosophie de vie. Après quelques années d’expérience, au su et au vu de ce que furent mes engagements, mes choix, mes aspirations, mes déceptions et mes enthousiasmes, je m’empare de ma plume banderille, piquante ou saignante, soit-elle, et souscris encore: Demain sera Meilleur ! Parions ?  



Houssam HATIM, Salé :

  • Étudiant en économie et gestion à Université Mohammed V – Souissi
  • Coordinateur National des Jeunes, à Amnesty International Morocco
  • Rédacteur/Chroniqueur
  • Gagnant du meilleur article en ligne aux #MWA 2015.