Le féminisme à la Marocaine…

Depuis la nuit des temps et aujourd’hui encore, toutes les langues répètent que ce qui fait l’homme c’est sa poche. Il peut être grand ou petit, brun ou blond, voyant ou borgne, droit ou boiteux, chevelu ou chauve, peu importe, l’important c’est sa poche ! Les années passent, les choses évoluent, la femme a étudié, travaillé, voté, conduit, voyagé, mais l’homme reste toujours résumé à une poche, cela ne choque absolument personne. C’est l’homme qui doit offrir des cadeaux plus ou moins volumineux, payer les additions, investir, généralement en s’endettant, dans une voiture « présentable », et assumer les dépenses du couple voire de la belle-famille. Et cette perception fait justement partie du féminisme à la marocaine…

Ce fameux homme doit présenter une dot plus ou moins importante selon le cours du marché et la finalité de l’union soi-disant sacrée, il doit offrir un Dfoua majestueux (rituel matrimonial consistant à offrir à la dulcinée des tissus brillants qui ne seront plus tendance les mois suivants, des chaussures aux talons trop hauts pour être portées, des sacs à main voyants pour annoncer le mariage à toute personne croisée dans la rue, et j’en passe…) et enfin un mariage royal qui fera taire cousines et voisines. Tout ceci relève incontestablement du rôle de l’homme, cet homme qui doit prouver sa virilité et sa capacité à tenir ses engagements, c’est le féminisme à la marocaine…

Mais… A partir du moment où il a été question de l’héritage, un concept basique et logiquement indiscutable, l’égalité a tout de suite été exigée. La femme marocaine qui croit qu’en héritant à égalité avec son frère elle atteint une équité sociale, se met le doigt dans l’oeil. Il s’agit ici de toute une logique qui n’a absolument rien de discriminant, et qui est beaucoup mieux fondée que toutes ces obligations que nous avons collées aux hommes pour les pousser à réaliser nos rêves au lieu de travailler pour nous voir les réaliser nous-mêmes. J’aimerais bien voir la réaction de ces pseudo-féministes déchainées si leurs maris, à supposer qu’elles en ont, leur demandent de partager les frais de la vie quotidienne au franc près, si un changement de la religion survient également sur la dot, et si elles étaient poursuivies pour harcèlement après chaque tentative de drague en entretien décolleté. Et là je crois que nous aurons une toute nouvelle forme de féminisme à la marocaine !




  • TAOUFIK Mohamed

    très bon article, j’aime (y), merci Safae